VOYAGE DES AMIS DE L’ART EN ESTREMADURE  du 23 au 29 mai 2011 


 


 


 


 


 


 


Tout comme les conquistadores, nous voilà partis vers le Sud-ouest de l’Espagne en direction de l’Estrémadure, leur patrie, cette « terre déshéritée, pourtant si riche ».


Dès Siguënza, notre première halte sous la bienveillance du Donzel, le page d’Isabelle la Catholique, nous goûtons au confort des paradores qui, de forteresse en monastère, nous offriront pendant tout le séjour une hospitalité raffinée. Près de Madrid, la visite de l’Escorial construit par Philippe II en hommage à son père Charles Quint, nous fait pénétrer, grâce à son imposante architecture plus flamande qu’espagnole, dans l’univers de tous les rois et reines enterrés dans sa crypte .Notre route se poursuit dans les forêts de chênes de la Nouvelle Castille, région d’élevage du « patta negre ». Les cigognes se multiplieront au cours de notre voyage, nous séduisant par leur familiarité, leur nombre, leurs nids protégés. Avec les martinets qui abondent et strient le ciel, nous sommes comblés.


Au passage, nous nous arrêtons au monastère de Yuste, modeste dernière demeure de Charles Quint, mort à 58 ans de la malaria. A Plasencia, ensuite, nous voilà bien en Estrémadure. Cette ville porte la marque d’Alphonse VIII avec sa curieuse cathédrale double du XIIème et du XVIIème siècle et sa grande place. Aucune monotonie dans le parcours : nous traversons le parc naturel de Monfragüe où les vautours voisinent avec les taureaux et les cochons pour atteindre Trujillo, la ville de Pizarro et d’Oreillan qui garde les traces de sa splendeur du XVIème siècle. Cacerès, ensuite, vrai musée de plein air porte la marque des Maures avec ses belles citernes et celle des Chrétiens par sa cathédrale au retable en cèdre.


A proximité, dans un cadre chaotique(Malapartida), on comprend  que Vostell, artiste allemand du mouvement « Fluxus », ait créé là un musée pour exposer ses créations aux matériaux hétéroclites : béton, voitures, télévisions … Mérida, la romaine, plus au sud, nous livre ses vestiges imposants, à savoir aqueduc, pont, théâtre ainsi qu’un très beau musée. En altitude, Guadalupe nous accueille encore sous le signe de sa Vierge Noire, patronne de l’hispanité dont le monastère regorge de richesses : cloître mudéjar, salle des broderies, antiphonaires, toiles de Zurbaran et de Jordan sans compter les pierres précieuses qui ornent la madone.


Sur le chemin du retour, après quelques achats de poteries et céramiques, nous faisons halte à Alcala de Hénarès, la patrie de Cervantès honoré dans cette ville en effervescence ce samedi, jour de mariages et de promenade dans la calle major, la plus grande rue bordée d’arcades d’Espagne où nous admirons les édifices du Siècle d’Or et  la non moins célèbre université, créée par Cisneros.


Adios España !! Nous repassons la frontière catalane avec un peu de nostalgie ,mais en ayant découvert avec plaisir une région originale, certes négligée par le grand tourisme, mais d’une richesse et d’une diversité inattendues.